LE KARATE

LA PETITE HISTOIRE...

Le karaté est un art martial japonais originaire d’Okinawa, une île au sud-est du Japon devenue japonaise au XIXème siècle. Il fut diffusé au Japon dans les années 1930 puis dans le monde entier à partir des années 1950. Avec plus de 50 millions de pratiquants, le karaté est une des disciplines de combat la plus représentée dans le monde. Une des personnalités la plus connue est Gichin Funakoshi qui a permis la diffusion du karaté au Japon et qui a contribué à sa structuration (nom de la discipline, codification des techniques, tenue pour la pratique, établissement des grades…).

Qu'est-ce que le Karaté ?


D'OÙ VIENT LE KARATÉ ?

Le karaté (空手道, karate-dō) est un art martial japonais dont l’origine est okinawaïenne (Okinawa est une île de l’archipel des Ryūkyū, qui a longtemps constitué un royaume indépendant du Japon, au sud de l’île de Kyūshū). En japonais le kanji (idéogramme) « kara » signifie le vide et plus précisément la vacuité au sens bouddhique du terme, « te » est la main ainsi que la technique que l’on réalise avec la main. On traduit littéralement par « la main vide ». On pourrait aussi dire, et penser, « à main nue ». Cependant, à l’origine, karate était écrit avec les kanjis 唐手, qui signifient « boxe chinoise » (« Tō-De » , « la main de Chine »).

En 1935, à cause de la montée du nationalisme japonais et pour faciliter la reconnaissance et la diffusion du karaté, Gichin Funakoshi a remplacé ces kanjis, pour « gommer » l’origine chinoise.

LES TECHNIQUES

Le karaté est basé sur des techniques de percussion utilisant l’ensemble des armes naturelles du corps (doigts, mains ouvertes et fermées, avant-bras, pieds, tibias, coudes, genoux, tête, épaules …) en vue de parer, les attaques adverses et/ou d’attaquer.

En plus des techniques de percussions, on y trouve des esquives, des balayages, des projections et des clés. Les nuances de contenus techniques sont relativement marquées en fonction des styles (shōtōkan, wadō-ryū, shitō-ryū, gojū-ryū…).

DOMAINES D’ETUDES

Pour acquérir la maîtrise de ces techniques en combat, l’enseignement comporte trois domaines d’étude complémentaires : le kihon (基本), les kata (型 ou 形) et le kumite (組手).

* Le KIHON consiste à s’entrainer sur les fondamentaux, par répétition gestuelle, seul, avec un partenaire, ou en groupe, en vue d’améliorer les principes, les qualités physiques et mentales et les techniques.

* Le KATA (qui signifie « forme, moule») est un enchaînement codifié et structuré de techniques ayant pour but de transmettre les techniques de combat. C’est aussi, comme le kihon, un outil de formation du corps et de l’esprit. Le bunkai (qui signifie « démonter ») est l’application martiale des enchainements codifiés du kata.

* Le KUMITE (qui signifie « jeu de mains ») ou combat. C’est un exercice permettant d’appliquer les techniques avec un ou plusieurs partenaires en situation d’opposition. Il y a plusieurs déclinaisons du kumite, de la forme la plus codifiée vers la forme la plus libre. De manière progressive, le combat codifié ou combat conventionnel permet l’apprentissage du combat d’un environnement connu et sécurisé vers un environnement de plus en plus incertain. Il existe : des protocoles de combat dont les techniques et la hauteur d’attaque sont connues du défenseur (kihon ippon kumite, ippon kumite, sanbon kumite, gohon kumité respectivement combat avec une attaque et une riposte, combat avec trois attaques et avec cinq attaques), des protocoles dont les techniques ou hauteurs sont inconnues du défenseur (jiū ippon kumite, une attaque et une riposte), du combat libre (jiyū kumite) dont l’attaquant et le défenseur ainsi que les techniques sont libres.

Il y a aussi une forme de combat spécifique à la compétition qui est d’une certaine manière conventionnelle, car il y a un arbitrage avec des techniques, une durée du combat, une surface de combat régies par un règlement.




L'Histoire du Karaté


Il est difficile de reconstituer l’histoire du karaté avant le XXème siècle avec fidélité car il n’y a pas de traces écrites, pour une discipline à transmission essentiellement orale.

Il existe juste un ouvrage technique nommé « Bubishi » écrit en Chine dont le ou les auteurs sont inconnus. Quelques copies ont été retrouvées à Okinawa.

L’ORIGINE INDIENNE

Au VIème siècle, un moine bouddhiste nommé Bodhidharma issu d’une famille royale aurait quitté l’Inde pour séjourner dans le temple de Shaolin au Nord de la Chine. Il aurait apporté des formes gestuelles issues d’un art de combat indien, ancêtre de ce qui est actuellement le Kalarippayatt afin d’améliorer la condition physique des moines du temple qui souffraient d’un manque d’exercice.

Les techniques découlant de l’observation des animaux étaient secrètes. Néanmoins, elles furent diffusées hors du temple de Shaolin avec la fuite des moines lorsque celui-ci fut envahi. Ces techniques sont considérées être à l’origine des arts martiaux chinois.

Cette théorie est controversée car, bien avant l’arrivée de Bodhidharma en Chine, il y avait eu déjà des échanges sino-indiens et des techniques de combat chinoises, comme l’Art du poing, avaient déjà été citées dans l’ouvrage du général Sun Wu « l'Art de la guerre de Sunzi » au Vème siècle avant JC.

DE LA CHINE A OKINAWA

On donne le nom générique de boxe chinoise aux différentes écoles chinoises de combat à mains nues. On relève deux courants de boxe chinoise. Celle du nord, dynamique avec beaucoup de techniques de pieds et celle du sud mettant plus d’accent sur la stabilité.

La boxe chinoise est apparue vers le Xème siècle à Okinawa, l’île principale des îles Ryu Kyu dont l’archipel est situé entre la Chine et le sud-ouest du Japon. A cette époque, les Ryu Kyu étaient un royaume sous influence chinoise. De ce fait, il y a eu de nombreux échanges culturels et commerciaux avec la Chine. Les séjours de Chinois à Okinawa et d’Okinawaien dans le sud-est de la Chine ont permis l’étude et le développement de la boxe chinoise à Okinawa.

A Okinawa, va donc s’élaborer un art martial spécifique dérivé de la boxe chinoise et de techniques locales et exacerbé par l’interdiction des armes sur l’île décrétée par le roi vers le début du XVème siècle. Il prendra le nom de « Tode » (la main de Chine) puis « Okinawa-te » (la main d’Okinawa). C’est aussi l’apparition des armes issues des outils agraires détournés de leur fonction initiale (nunchaku, tonfa, kama, sai...) et qui donnera naissance au « Kobudo ».

En 1609, le royaume de Ryu Kyu fut envahi par le clan japonais Shimazu provenant de la province Satsuma de l’île Kyushu du Japon. Le nord du royaume fut occupé et le sud devint vassal du clan Shimazu. Ceci entraina une évolution de l’Okinawa te, qui devint plus dur avec un renforcement du corps particulièrement des surfaces de frappe pour pouvoir mettre hors de combat les Samourai japonais vêtus d’armures. Le Kobudo se développa aussi et l’entrainement de ces disciplines devint secret, on s’exerçait la nuit à l’abri des regards. Cette façon de s’entrainer en secret perdura jusqu’au XXème siècle puisque Gichin Funakoshi, une des plus grandes figures du karaté s’entrainait encore la nuit, jusqu’en 1900. On relève deux courants dans la pratique de l’Okinawa-te . Le shorin-ryu dans lequel on trouve le shuri-te et le tomari-te qui se sont développés aux alentours des villages de Shuri et de Tomari. L’autre courant est le shorei-ryu l’école du style naha-te du village de Naha (Naha est maintenant la capitale d’Okinawa dans laquelle Shuri et Tomari sont devenus des quartiers).

En 1879, l’empire du Japon annexa le royaume des îles Ryu Kyu et établit la préfecture d’Okinawa.

Peu à peu, l’Okinawa-te sortit de l’ombre, au point d’être intégré dans le milieu scolaire en tant que discipline d’éducation physique. De ce fait, Anko Itosu, un maître renommé, créa entre 1901 et 1906 des kata avec moins de mouvements, d'apparence moins martiaux, accessibles aux enfants. Ce sont les cinq kata Pinan (heian) inspirés du shorin-ryu (kata kushanku).

D’OKINAWA AU JAPON

En 1922, Gichin Funakoshi fut choisi par un groupe de maîtres d’Okinawa pour représenter l’Okinawa-te au Japon lors d’une exposition sur l’éducation à Tokyo. Il était instituteur et disciple des maîtres Anko Itosu et Anko Azato. D’autres Okinawaiens avaient présenté l’Okinawa-te au Japon mais de manière non officielle, comme Choki Motobu.

La même année, il sortit un livre « Ryu Kyu Kempo Karate » dans lequel apparaissait pour la première fois le mot « karate » mais avec les idéogrammes 唐 手 signifiant « main de Chine ». En 1930, face à la montée du nationalisme japonais avec un rejet au Japon de tout ce qui provenait de Chine, Funakoshi décida de changer l’idéogramme 唐 par l’idéogramme 空 signifiant « vide » avec le même son phonétique « kara ».

Sur la fin des années 20, d’autres maîtres et experts vinrent au Japon pour présenter leur art et les différents styles qui coexistaient à Okinawa.

En 1936, un groupe de maîtres d’Okinawa adopta la proposition de Funakoshi d’utiliser « karate » dans le sens de « main vide » avec les idéogrammes 空 手.

La seconde guerre mondiale a transformé le karaté qui est redevenu art martial, laissant de côté l’aspect éducatif.

En 1946, le karaté fut autorisé à être enseigné car il n’était pas considéré par les américains comme un art de guerre japonais, l’origine chinoise ayant été démontrée. Le redémarrage fut difficile à cause de la disparition de nombreux experts pendant la guerre.​​

DIFFUSION MONDIALE

Dans les années 50, de nombreuses démonstrations d’experts japonais ont permis de faire connaître le karaté en Europe et aux Etats Unis. Pour l’Europe, c’est en France que l’introduction du karaté a été la plus marquée grâce à l’arrivée des experts japonais, Tetsugi Murakami, Hiroo Mochizuki, Tsutomu Oshima,Taiji Kase... Des Français ont favorisé l’implantation du karaté, Jim Alcheik et Henri Plée.

La Japan Karate Association (créée en 1949) envoie des experts Shotokan dans toute l’Europe : Taiji Kase en France (déjà cité), Keinosuke Enoeda en Grande Bretagne, Hiroshi Shirai en Italie, Satoshi Myazaki en Belgique…

En 1954, une première fédération française a été créée à l’initiative d’Henri Plée, la Fédération Française de Boxe Libre.

Gichin Funakoshi décède en 1957, c’est un des maîtres qui aura le plus fortement marqué le karaté grâce à son rôle de codificateur. C’est la même année que se déroulent au Japon les premières compétitions avec les championnats universitaires de karaté. En 1963, les premières compétitions ont lieu en France et en Europe, et en 1970 les premiers championnats du monde ont lieu à Tokyo où la France termina 3ème en kumite par équipe.

En 1972, l’équipe de France devient championne du monde à Paris, d’une compétition qui aura lieu maintenant tous les deux ans.

La même année, est créée l’Union Française de Karaté qui émane de la séparation de la section karaté de la FFJDA et qui est dirigée par Jacques Delcourt. L’UFK deviendra en 1975 « Fédération Française de Karaté et Arts Martiaux Affinitaires » pour prendre ensuite l’appellation, en 1980, de « Fédération Française de Karaté, Taekwondo et Arts Martiaux Affinitaires » (l’appellation taekwondo était jusqu’ici intégrée dans celle des arts martiaux affinitaires). En 1994, le taekwondo devient discipline olympique, crée sa propre fédération, et se sépare de la FFKTAMA qui redevient FFKAMA.

Pour le karaté, un manque d’unité mondiale des organisations empêche la reconnaissance de cette discipline par le Comité Olympique International. La World Union of Karate do Organizations (WUKO) créée en 1970 obtient 1985 une première reconnaissance du Comité International Olympique (CIO). Fin décembre 1992, après l’intégration de nouvelles organisations à la WUKO, celle-ci devient la World Karate Federation (WKF) et est définitivement reconnue par le CIO.

Néanmoins, entre la reconnaissance olympique et la participation aux Jeux Olympiques, il y a un pas qu’il sera difficile à franchir. On parle d’une participation aux JO de 2004, puis de 2016. Ce n’est qu’aux JO de 2020 à Tokyo que le karaté obtient sa première participation.

En 2005, la FFKAMA change de dénomination pour devenir la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées (FFKDA).

Les présidents successifs : Jacques Delcourt de 1972 à 1997, Gérard Garçon de 1998 à 2001 et Francis Didier depuis 2001.




Bibliographie : quelques idées de lecture...


UNE SELECTION D’AUTEURS :

  • GICHIN FUNAKOSHI :
Les ouvrages du maitre Funakoshi, fondateur du style shotokan et codificateur du karaté.
Les trois premiers sont des livres techniques, les trois suivants traitent de l’esprit et de la philosophie du karaté.
  • GERARD CHEMAMA / HENRI HERBIN / JEAN-MARIE COMITI :
Des livres pour apprendre à enseigner, et qui aident à la compréhension de la discipline et à passer des examens d’enseignement (même si le BEES a disparu).
  • ARESKI OUZROUT :
Deux livres techniques avec de nouvelles approches méthodologiques pour l’entrainement aux bunkai et pour l’apprentissage du karaté. Le troisième livre donne des pistes de progression pour la pratique du karaté et au-delà de la pratique, pour ceux qui sont dans une optique de recherche.
  • TAIJI KASE :
Les kata shotokan de T.Kase, le maitre envoyé par la JKA pour diffuser le style shotokan en France.
  • ROLAND HABERSETZER :
Expert dans divers arts martiaux pieds/poings, il a réalisé de nombreux ouvrages depuis plusieurs décennies.
  • JEAN-CLAUDE BLIND :
Ouvrage pratique pour l’élève qui débute le karaté. En peu de pages, et de manière concise, l’essentiel de la discipline est synthétisée. Il aide aussi le pratiquant à réviser les techniques apprises avec le professeur. HISTOIRE
  • PIERRE PORTOCARRERO / HARRY COOK / KENJI TOKITSU :
Trois livres sur l’histoire du karaté avec des angles d’approche différents. Celui de H.Cook est plus spécifique au style shotokan. AUTRES OUVRAGES
  • KENJI TOKITSU :
  • JACQUES TAPOL :
Champion du monde de karaté
  • MASATOSHI NAKAYAMA :
Instructeur en chef de la JKA pendant près de 30 ans – (Best Karaté - 11 volumes)




Les styles, les écoles, les Maîtres


LES ANCIENS MAITRES D’OKINAWA

Les différents styles de karaté émanent des deux courants shorin-ryu et shorei-ryu de l’Okinawa-te. Ce sont des personnalités du karaté qui ont créés les styles ou écoles, motivées par leur expérience, leur compétence et une idée du développement de l’efficacité.

Des maîtres incontournables ont inspiré leurs élèves qui ont créé les nombreux styles contemporains.

Un des premiers connus est Kushanku, expert chinois venant de Pékin et qui effectua une présentation à Okinawa en 1761 de sa discipline. Il y laissa le kata de son nom, kushanku (kanku en shotokan, kosokun en shito-ryu).

Tode Sagukawa

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Une autre figure, élève de Kushanku et du moine Peichin Takahara est Tode Sagukawa. Il reçut l’enseignement de ses deux maîtres, mais reçut aussi un enseignement de boxe chinoise, lors de ses séjours à Pékin. C'est probablement celui qui a le plus contribué à l’implantation de la boxe chinoise du nord et qui a permis le développement du shorin-ryu (shuri-te et tomari-te) à Okinawa. Ses dates de naissance et de décès ne sont pas précisémment connues malgré les recherches. On relève 1733-1815, 1782-1837, 1762-1843 ou 1786 -1867.

Sokon Matsumara

1800 -1896 Sokon Matsumara aurait reçu un enseignement de Tode Sagukawa. Il fera aussi un long séjour à Pékin pour se former à la boxe chinoise du nord. Il deviendra aussi un expert en maniement du bâton. Par ailleurs, il était garde du roi et a pu avoir accès pendant deux ans à l’école de sabre «Jigen-Ryu» de la province de Satsuma au Japon (pour rappel, les îles Ryu Kyu étaient sous la domination du clan Shimatzu de Satsuma). On lui attribuera la paternité du shorin-ryu bien que To-de Sagukawa l’avait initié. Il aura formé beaucoup d’experts comme Anko Itosu, Anko Azato, Nobe Matsumara, Chotoku Kyan… Kosaku Matsumora 1829 -1898 Kosaku Matsumora a étudié le tomari-te et en est devenu le précurseur. Il a aussi étudié avec Sokon Matsumara et ainsi le tomari-te intégra la mouvance du shorin-ryu. Ses élèves : Chotoku Kyan, Choki Motobu…

Anko Itosu

1830 - 1915 Yasutsune Itosu ou Anko Itosu est moins connu que son élève Gichin Funakoshi. Pourtant c’est bien lui qui fait entrer le karaté dans le monde moderne. Disciple de Sokon Matsumara, il introduisit le karaté dans le milieu scolaire en créant entre 1901 et 1906 des kata moins difficiles à apprendre, plus adaptés aux enfants. Il s’agit des cinq kata Pinan (heian en shotokan) inspirés du shorin-ryu (kata kushanku). Il décomposa aussi, pour les mêmes raisons, le kata naifanchi (tekki en shotokan) en trois kata. Il aura aussi formé beaucoup d’experts qui deviendront créateurs d’écoles : Gichin Funakoshi, Shoshin Chibana, Kenwa Mabuni, Choki Motobu

Anko Azato

1827 - 1906 Anko Azato fut un maitre et ami de Anko Itosu. Il est moins connu que ce dernier qui a créé les kata du programme scolaire mais il aura marqué le plus Gichin Funakoshi. Outre la pratique du karaté, il excellait en équitation, au tir à l’arc et comme son maitre Sokon Matsumara pratiquait le sabre de l’école Jigen-Ryu.

Kanryo Higaonna

1853 - 1915 Kanryo Higaonna est connu comme étant le fer de lance de l’école shorei-ryu et du karaté de Naha (naha-te) bien que cette discipline existait avant sa naissance. Il commença la pratique dès l’enfance puis, à l’âge de 24 ans, parti en Chine du sud à Fuzhou dans la province du Fujian. Après un long séjour, où il étudia la boxe chinoise du sud auprès de plusieurs experts d’arts martiaux, il revint à Okinawa. Il se mit à enseigner à Naha. Il eut pour élève, Chojun Miyagi créateur du style Goju-ryu.

LES STYLES, ECOLES ET LEURS CREATEURS

Actuellement, il existe une quarantaine de styles ou écoles de karaté. On note des différences significatives sur les formes des techniques et sur les kata, l’un mettant plus l’accent sur tel ou tel principe mais quasiment tous issus, des écoles shorin-ryu (shuri-te, tomari-te) ou shorei-ryu (naha-te).

SHOTOKAN-RYU

Gichin Funakoshi

1868 – 1957

C’est l’école créée par Gichin Funakoshi. Il a profondément marqué le karaté, pour avoir : proposé la dénomination « karate » avant qu’elle ne soit adoptée par un groupe de maitres d’Okinawa, codifié les techniques, appliqué les grades et la tenue d’entrainement en s’inspirant du judo. Il fut d'ailleurs encouragé par Jigoro Kano.

Il fut instituteur pendant une trentaine d’années à Okinawa et a voué le reste de sa vie à promouvoir le karaté. Il a écrit plusieurs ouvrages, « Ryu Kyu Kempo Karate », « Rentan Goshin Karate Jutsu » et « karate do Kyohan ». Le premier (1922) fut celui dans lequel apparut pour la première fois « karate » mais avec les idéogrammes 唐 手 (main de Chine). Le troisième livre (1935) est le plus abouti et les idéogrammes 唐 手 deviennent 空 手 (main vide). A noter que phonétiquement les deux se prononcent pareil.

Après sa présentation en 1922 du karaté à Tokyo, lors d’une exposition sur l’éducation, Gichin Funakoshi y resta pour enseigner sa discipline d’abord à quelques élèves puis dans les universités, ce qui favorisa la propagation du shotokan. L’appellation shotokan n’a été retenue qu’en 1938. C’est sous l’impulsion de ses élèves, que l’école pris le nom du dojo de Funakoshi. Shoto était le nom que Funakoshi utilisait pour signer ses poèmes. Shoto kan signifie « la maison de Shoto ».

Gichin Funakoshi forma de nombreux élèves, parmi lesquels : son fils Yoshitaka Funakoshi, Hironori Otsuka, Shigeru Egami, Masatoshi Nakayama, Hidetaka Nishiyama, Seicho Tagaki, Genshin Ironishi, Tsutomu Oshima, Isao Obata…

Yoshitaka a transformé le style du shotokan en le rendant plus dynamique avec des postures plus longues. C’est ce style qui est actuellement enseigné dans les écoles.

Il y eut des discordances au sein du shotokan, à cause des divergences vis-à-vis de l’adaptation du karaté à la compétition. Gichin Funakoshi était opposé à la compétition. Des scissions se sont faites avec la création de plusieurs fédérations, All Japan Karatedo Federation, Nippon karate kyokai (Japan Karate Association – JKA), Wado kai, Shotokai…qui amèneront la création de nouvelles écoles.

La JKA, une des fédérations connues, sinon la plus connue a été créée en 1949. Masatoshi Nakayama en a été l’instructeur en chef pendant près de 30 ans, formant de nouveaux instructeurs pour essaimer dans le monde entier. Une autre personnalité importante est Hidetaka Nishiyama cofondateur de la JKA et qui s’est ensuite installé aux Etats Unis. Il sera à la tête de l'International Amateur Karate Federation (IAKF) qui deviendra en 1985 l’International Traditionnal Karate Federation (ITKF).

Tsutomu Oshima restera fidèle à l’enseignement de Gichin Funakoshi en créant sa propre école « Shotokan Oshima ». En France, l’association s’appelle « France shotokan ». Les autres experts du Japon ayant œuvré en France sont: Taiji Kase venant de la JKA qui créera ensuite sa propre association (Kase Ha Shotokan Ryu Karate-Do), Hirokazu Kanazawa venant aussi de la JKA et créera la Shotokan Karate-do International Federation… WADO-RYU

Hironori Otsuka

1892 – 1983

Hironori Otsuka a découvert le karaté auprès de Gichin Funakoshi à l’âge de 30 ans. Ce n’était pas un débutant dans les arts martiaux. Un an plus tôt, il avait été nommé grand maître de l’école de Ju-jutsu Shinto Yoshin-Ryu et il voulait trouver dans le karaté des éléments complémentaires à sa discipline.

En 1929, il se sépara de Gichin Funakoshi ayant quelques désaccords sur la pratique. Pour Otsuka, le karaté de Funakoshi présentait des lacunes et Otsuka souhaitait intégrer du ju-jitsu dans sa pratique du karaté. Notamment, il trouvait le shotokan trop rigide et manquant de mobilité.

En 1934, il créa son école de karaté qu’il appela « wado-ryu » (école de la voix de la Paix ou école de la voix de l’Harmonie) dans laquelle il ajouta du ju-jitsu. GOJU-RYU

Chojun Myagi

1888 – 1953

Chojun Myagi fut l’élève direct de Kanryo Higaonna, maitre de naha-te. Il reprendra la tête de l’école après le décès de Higaonna. Il fit plusieurs présentations du naha-te, à Okinawa devant des Japonais en visite et au Japon. Lors d’une démonstration au Japon, un de ses élèves à qui on demandait le nom de son école, répondit : Hanko-Ryu qui signifie école semi-dure. A son retour à Okinawa, l’élève relata cet évènement à Myagi qui décida d’appeler son style « Goju-ryu » ; école à la fois dure (go) et souple (ju).

En 1935, il obtint le titre de kyoshi (maitre instructeur) devant le Dai Nippon Butokukai (association pour les arts martiaux du grand Japon). Chojun Myagi nomma Gogen Yamaguchi (1909 – 1989) comme son successeur pour les écoles Goju-Ryu du Japon. Celui-ci contribua à l’essor du Goju-Ryu au Japon et dans le monde.

A Okinawa, les successeurs seront Eiichi Miyazato, Seiko Higa, Meitoku Yagi… Ce style venant du « naha-te » et particulièrement de Kanryo Higaonna est fortement influencé par la boxe chinoise de la province du Fujian. On relève donc des techniques basées sur la stabilité avec des déplacements courts et en demi-cercles (kata sanchin).

SHITO-RYU

Kenwa Mabuni

1889 – 1952

Kenwa Mabuni commença la pratique du shuri-te à l’âge de 13 ans sous la direction de Anko Itosu. Chojun Myagi, ami de Mabuni, le présenta à Higaonna qui lui enseigna le naha-te. Ainsi, Mabuni fut formé aux trois styles principaux d’Okinawa, le shuri-te, le tomari-te et le naha-te. Ses connaissances étaient très reconnues, et utiles pour son métier de policier. En 1929, il s’installa à Osaka au Japon pour enseigner sa discipline.

Il donna en 1934 le nom de Shito-Ryu en hommage à ses deux maitres Itosu et Higaonna. Les idéogrammes okinawaien shi et to signifient phonétiquement ito et higa en Japonais. Ce style est très riche en kata. Cumulant ceux du shuri-te et ceux du naha-te, on n’en dénombre pas moins de 60. Kenwa Mabuni aura formé : ses fils Kenei et Kenzo, Ensei Kanashiro, Teruo Hayashi, Chojiro Tani…

Chojiro Tani (1921- 1998) créa sa propre école en 1948 : le shukokai. Le représentant en France fut pendant quelques années Yoshinao Nanbu qui créa ensuite le Sankukai, puis le Nanbudo.

KYOKUSHINKAI

Masutatsu Oyama

1923 – 1994 Masutatsu Oyama était d’origine coréenne. Il débuta le karaté en 1938 par le shotokan avec Gichin Funakoshi qu’il pratiqua jusqu’en 1945. Ensuite, il s’entraina avec un maitre de goju-ryu. C’était un personnage remarquable qui consacra sa vie au karaté. Il surmonta de nombreuses épreuves, en s’isolant en montagne, en participants à des tournois, et défiant des pratiquants de divers arts martiaux. En 1953, il ouvrit son dojo à Tokyo. C’est en 1964 que Oyama donna le nom de Kyokushinkai (école de la vérité ultime). Ce style est réputé pour ses compétitions dans lesquelles le combattant recherche le KO. UECHI-RYU

Kambun Uechi

1877 – 1948

Kambun Uechi partit en Chine pour éviter la conscription. Il y étudiera la boxe chinoise (style panganoon) dans la province du Fujian en Chine. Il y restera plus d’une dizaine d’année, y enseignera et sera contraint de revenir à Okinawaen en 1910. Il s’installa au Japon en 1924, mais ne recommença à enseigner qu’à la fin des années 1920 à son fils Kanei et à Ryuyu Tomoyose.

En 1932, il décida enfin d’enseigner à tous le style Pangainon ryū karaté-jutsu qu’il nomma ensuite Uechi ryū. En 1942, Kanei revint à Okinawa, ouvrit un dojo et pris la succession de son père après son décès.

L’uechi-ryu est un style proche du goju-ryu avec plus de techniques exécutées mains ouvertes. SHORIN-RYU

Les styles anciens que sont le shuri-te et le tomari-te sont regroupés dans l’école shorin-ryu parce qu’ils sont proches. Ils ont pris le nom de la localité où ils se sont développés. Shuri était l’ancienne capitale du royaume des îles Ryu Kyu avant son annexion par le Japon en 1879. Shuri est maintenant une banlieue au nord-est de Naha. Tomari était un village de pêcheurs et est devenu un quartier de Naha. Actuellement, le shorin-ryu regroupe plusieurs écoles : sukunai-hayashi-ryu, kobayashi-ryu, matsubayashi-ryu…

SUKUNAI-HAYASHI-RYU

Hohan Soken

1889 – 1982

Ecole venant de Hohan Soken. Il fut un élève de Nobe Matsumara, petit-fils de Sokon Matsumara. Il créa l’école Matsumura Seito ( ou matsumura orthodox) dont le nom fut changé en Sukunai-hayashi-ryu par ses successeurs.

KOBAYASHI-RYU

Choshin Chibana

1885 – 1969

Ecole créée par Choshin Chibana. Il fut le partenaire d’entrainement de Gichin FunakoshiI et aura suivi Anko Itosu jusqu’à sa mort. Il deviendra son successeur officiel et ouvre son dojo en 1920 à Shuri qu’il nommera Kobayashi-ryu. Il aura deux successeurs connus : Shuguro Nakazato et Katsuya Miyahira. En France, Kenyu Chinen est le représentant de ce style.

MATSUBAYASHI-RYU

Shoshin Nagamine

1907 – 1997

Shoshin Nagamine débuta le karaté à l’âge de 17 ans sous la direction de Chojin Kuba. Ensuite, il étudia avec Taro Shimabuku et Ankichi Arakaki, un expert exceptionnel. Dans les années 1930, il reçut l’enseignement de Chotoku Kyan et Choki Motobu, eux-mêmes formés par un expert, Kosajku Matsumura.

En 1947, Shosin Nagamine décida d’adopter le nom de matsubayashi-ryu pour son école et ouvrit son dojo en 1953.





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